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Le manager à distance est « au cœur » du développement du sentiment d’appartenance de ses collaborateurs.
Et demain, comment va-t-il envisager son rôle dans des espaces de plus en plus virtualisés et dans un monde où le besoin de lien social au sein des collectifs de travail, venant compenser un délitement du lien social de la sphère privée, et ce quel que soit la forme tant qu’elle soit l’expression d’une liberté sans contrainte, est en forte demande et explose ?

Le manager d’aujourd’hui devra « muter » vers un modèle de management communautaire où le rôle du leadership est variable, il est partagé entre plusieurs personnes dans un groupe selon les capacités et les conditions du moment.

Son efficacité ne se trouve plus tant dans un individu en particulier que dans un processus collectif, essentiellement dans la communauté.
Le temps des réseaux. En ancien français, « rets », devenu réseau, avait pour définition « petit filet utilisé pour la chasse et la pêche ». Cette notion de « filet », de fils entrelacés selon des nœuds qui le solidarisent et donc le rendent plus solide, symbolise encore le sens du mot. Ligue de marchands, confrérie de métier, réseau monastique, réseau professionnel, réseau d’étudiants, réseaux d’amis, tous ces réseaux sont des associations de personnes partageant une vision du monde, culturelle, politique ou économique, pour développer des actions dans un but commun, se reliant pour être plus forts. Ils se sont construits pour être une alternative aux institutions traditionnelles hiérarchiques, organisées. On crée ou on entre dans un réseau pour interagir autrement, sans hiérarchie établie.

On passe alors de la verticalité à l’horizontalité. Cette organisation réticulaire (en réseau) est re-stimulée depuis une trentaine d’années par des aspirations sociales de liberté, de coopération et de transversalité. L’individu rationnel, encadré par des institutions sclérosées, est devenu une personne aux multiples masques, s’épanouissant dans des tribus d’appartenances variées et éphémères, nous projetant dans la postmodernité.

Couplé avec l’effet levier d’Internet (le « réseau des réseaux »), le réseautage (networking) devient donc un principe majeur de sociabilité et de dynamisme retrouvé. Il « faut » appartenir à un / des réseaux, développer son carnet d’adresses, amplifier le nombre de ses amis Facebook ou accroître la puissance de sa communauté.

Cette société de la postmodernité réclame non plus un contrat rationnel mais bien un pacte émotionnel, où le sentiment d’appartenance à un groupe qui partage les mêmes envies et modes de vies est plus fort que la raison. Il va donc falloir vivre la postmodernité, la comprendre, pour inventer de nouvelles formes de management. Dans ces modes d’organisations bouleversées par ces nouveaux usages et besoins de communication et pour que tous les collaborateurs puissent coopérer efficacement à distance, les managers à distance devront s’approprier le rôle du manager communautaire.

La capacité à animer et à susciter la coopération sera déterminante dans des collectifs de travail qui précéderont les collaborateurs et les succéderont. Par conséquent, l’évolution de ces modes de communication étant cruciale pour les organisations éclatées, le manager à distance est déjà un manager de demain, aux avant-postes des évolutions.

Le sentiment d’appartenance dans les équipes à distance : quel rôle du management ?
Florence Bonnard / Aleksandra Habrat / Nicolas Jarry
Mémoire d’expertise MBA Management des Ressources Humaines Université Paris Dauphine

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